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Pourquoi si peu de femmes jouent du didgeridoo (et qu’est-ce que cela révèle de notre société) ?

Ça ne loupe pas.

À chaque stage, j’ai droit à cette question : « Au fait Gauthier, sais-tu pourquoi il y a si peu de femmes qui jouent du didgeridoo ?! »

Je vous propose donc d’analyser d’un peu plus prêt cette situation qui questionne tant !

Une majorité d’hommes sur Wakademy

Tout d’abord, je vous partage les chiffres que j’ai en ma possession. Que ce soit les membres de Wakademy, les élèves qui viennent en stages, les personnes qui me suivent sur Facebook, les followers sur Insta ou les abonnés YouTube, le constat est globalement le même et les chiffres tournent autour d’un ratio commun :
schéma montrant la proportion d'hommes et de femmes dans le didgeridoo

Sans vouloir faire de la population de Wakademy une vérité absolue, on peut facilement affirmer que le monde du didgeridoo est majoritairement composé d’hommes.

Des causes liées au didgeridoo ?

La tradition Aborigène ?

Dans la plupart des communautés Aborigènes d’Australie, il est vrai que le didgeridoo est un instrument réservé aux hommes.

Vous pouvez d’ailleurs écouter l’interview d’Adèle Blanchin qui nous parle des difficultés qu’elle a connu (et connait encore) en tant que joueuse de didgeridoo.

Ce facteur est certainement à prendre en compte.

La montagne Uluru au centre de l'Australie

Uluru, comme le didgeridoo, est devenu un symbole pour les cultures des Aborigènes d’Australie

Cependant, il a probablement plus d’influence en Australie qu’en Europe ou aux États-unis (les deux principaux foyers de joueur.euse.s de didgeridoo).

Outre le fait qu’il soit d’évidence, bien moins confortable d’être une femme plutôt qu’un homme dans ce contexte, je ne pense pas que l’on puisse expliquer l’observation des chiffres cités ci-dessus par cet unique fait.

Continuons donc.

Un instrument phallique ?

Pas besoin d’être psychanalyste pour rapidement déduire que le didgeridoo a plutôt une forme évocatrice !

Il suffit d’entendre les blagues quasi universelles, certes un peu lourdes, qui rapprochent notre bon vieux didgeridoo à un phallus (ou a un énorme joint… ?).

Aussi, je ne me risquerais pas sur cette question psychanalytique, dont je doute qu’elle puisse justifier le fait que les hommes soient plus attirés par le didgeridoo que les femmes !

Pour le moment, force est de constater que nous n’avons pas d’explications valables pour expliquer le phénomène. Élargissons donc notre horizon en allant jeter un œil dans le vaste monde de la musique.

La place des femmes dans le monde de la musique

Je vous propose de faire une petite expérience.

Rappelez-vous les derniers concerts où vous êtes allé (bon ok ça fait un bail !), ou la composition de votre groupe de musique préféré, ou encore le dernier clip que vous avez regardé, le dernier morceau que vous avez écouté…

Ne remarquez-vous rien ?

  • Combien de femmes étaient sur scène ?
  • Combien d’entre elles étaient batteuses ?
  • Combien d’autres étaient bassistes ? Guitaristes ? Chanteuses ?

Et j’en passe…

Il est tellement courant d’avoir des groupes (quasi) exclusivement masculin que l’on ne se rend même plus compte de la scène qui se joue devant nous !

Maintenant, si je vous demandais de me donner trois noms de compositeurs de musique classique ?

Vivaldi, Bach, Mozart, Beethoven, Debussy, Tchaikovsky, Stravinsky ne sont que des exemples parmi tant d’autres… ! Le pire, c’est que je n’aurais même pas à préciser de ne citer que des hommes…

Vous conviendrez que l’exercice devient presque impossible si je vous demandais de ne citer, ne serait-ce, qu’une femme compositrice !

Je vais quand même le faire : Clara Schumann (oui c’est la femme du célèbre compositeur, et le simple fait de le préciser ne renforcerait-il pas, encore un peu plus, le déséquilibre dont cet article voudrait se faire l’écho ?!).

… Et on ne parle ici que de musique…

Oui.

Ça craint.

la chanteuse Cesaria Evora en train de chanter

L’occasion de mettre en avant des femmes au merveilleux talent : la chanteuse Cesaria Evora

Les femmes sont sous-représentées dans la plupart des domaines, et particulièrement dans celui de la culture…

Femmes et musiques actuelles : des chiffres effarants

J’avais déjà observé tout cela depuis plusieurs années mais, pour préparer cet article, je me suis dis que j’allais me baser sur des faits.

J’ai donc lancé mes petites recherches pour étayer mon propos. Et je suis tombé, entre autre, sur le mémoire de fin d’études de Mathilde Pakette (« Femmes et musiques actuelles : constat, analyse et clés de compréhension d’un secteur inégalitaire »). Merci à Mathilde pour son travail qui m’a permis d’avoir des chiffres clairs sur le nombre de femmes dans le milieu des musiques actuelles.

Une petite précision : qu’entendons-nous par musiques actuelles ?

Plutôt que de vous donner une définition personnelle trop imprécise, je me permets de copier-coller celle de Mathilde Pakette tiré de son mémoire :

Les « musiques actuelles » (…) englobe quatre grandes familles musicales :

  • le jazz et les musiques improvisées
  • les musiques traditionnelles et les musiques du monde
  • la chanson
  • les musiques amplifiées (qui utilisent l’amplification électrique comme mode de création) elles-mêmes divisées en trois sous-familles :
    • le rock, blues, country, pop, fusion, métal, indus, hardcore, punk… ;
    • le Hip Hop, R’n’B, ska, reggae, ragga, dub, funk…;
    • les musiques électroniques.

 

Voilà donc de quoi représenter une bonne partie de ce qui se fait en musique à notre époque !

Et voici les chiffres tirés, eux aussi, du travail de Mathilde Pakette.

Attention, c’est renversant.

  • 8 % de femmes ont remporté une Victoire de la musique entre 1985 et 2015
  • En Île-de-France, sur les programmations de 15 lieux de musiques actuelles analysées, on ne trouve sur scène que 12,96 % de femmes.
  •  … dont 7,4 % de femmes lead/artiste principale
  • … et 5,4 % d’instrumentistes
  • 10,2 % de femmes fréquentent les studios de répétition de ces (mêmes) lieux.
  • Dans les dispositifs d’accompagnement portés par les réseaux musiques actuelles franciliens, parmi les 127 groupes et 507 artistes accueillis, 12 % seulement sont des femmes, dont 7 % d’instrumentistes.

Schéma montrant les chiffres cité ci-dessus

Ces chiffres sont à remettre dans leurs contextes, mais ils sont tout de même très parlants !

Aïe.

Continuons.

Dans cet article de France 24 titré « Dans l’industrie de la musique, les inégalités entre hommes et femmes s’accentuent », nous retrouvons des chiffres très similaires dans la musique populaire américaine :

  • En six ans, jamais une seule femme n’a été nommée dans la catégorie « producteur de l’année » aux Grammy’s. Et lorsqu’on élargit aux cinq catégories les plus prestigieuses de cette cérémonie culte, les femmes ne représentent que 9,3 % des artistes nommés.
  • En 2017, parmi les 100 chansons les plus populaires (…) moins de 17 % sont interprétées par des artistes féminines.
  • Parmi les 600 chansons à succès qui ont rythmé ces six dernières années (2012-2017), seul 12,3 % ont été écrites par des femmes et 2 % produites par des femmes.

 

Bon…

On en parle ? ?

Ce que j’ai appris de l’interview de Macron sur Brut

« Mais ? », me direz-vous, que vient faire bibi dans cet article ?!

Pas de panique, je m’explique.

L’autre jour, j’ai regardé l’interview donné par Mr Macron sur Brut pour observer la dialectique politicienne. Un exercice que je trouve assez fascinant a bien des égards.

Mais, ça n’est pas tant cet aspect qui a retenu mon attention que ce qui c’est passé sur le plateau de Brut. Face au président, trois journalistes : deux hommes et une femme.

Hé bien, vous savez quoi ?

En 2h40, la femme a très (très, très) peu parlé. Et cerise sur la gâteau, elle s’est même faite discrètement rembarrée par son collègue journaliste lorsqu’elle a voulu poser une question.

C’est discret.

C’est rapide.

On ne le voit à peine.

Mais c’est bien là.

Inutile de préciser que ce même journaliste ne s’est pas permis de faire la même chose avec son autre collègue.

Ma soeur qui est docteur en psychologie sociale (spécialiste sur le sujet des micro-discriminations et micro-agressions) me l’avait pourtant bien dit : « Statistiquement, une femme sur un plateau télé parle moins que les hommes présents sur ce même plateau. »

Flûte. Les statistiques avaient raison.

Et vous vous doutez bien que ceci est une infime partie d’un ensemble bien plus vaste et pernicieux…

Un conditionnement qui a la peau dure

Le soucis d’un conditionnement c’est justement que c’est un conditionnement.

Par définition, on ne se rends compte de rien, sinon on ne serait plus conditionné.

Et ça fonctionne évidemment pour les deux côtés : hommes et femmes.

Nous sommes tous conditionnés, qu’importe notre sexe, qu’importe notre genre. Bien évidemment, il existe des degrés plus ou moins forts. Mais ce constat permet de mieux comprendre nos fonctionnements respectifs en prenant en compte la partie inconsciente de certains de nos mécanismes.

Par exemple, dans notre société les femmes sont plus enclin à la discrétion et à rester en retrait, là où les hommes vont plus facilement de l’avant et s’imposent plus…

Aussi, loin de moi l’idée de jeter la pierre sur ce journaliste, ni de juger ou donner des leçons aux hommes comme aux femmes sur tout autre sujet !

Cependant, je souhaiterais partager avec vous mon expérience, afin de pointer du doigt le risque le plus important à mes yeux.

Le clivage et la stigmatisation

Je suis né dans un corps masculin blanc, dans un pays que l’on appelle la France. J’ai eu la chance de recevoir une éducation m’éveillant à la culture, aux respects de l’autre et aux questionnements philosophiques.

Autrement dit, dans la société qui est la notre, je suis né favorisé.

Alors, je me suis renseigné.

J’ai écouté des podcasts féministes. J’ai tâché de comprendre la place des femmes (et je continue). Je me remets en question en tant qu’homme. Bref, années après années, j’essaye de prendre conscience du conditionnement qui est le mien.

Et pourtant !

J’ai réalisé depuis peu que je portais en moi quelque chose qui me pesait : la culpabilité d’être un homme. Le mâle blanc dominant semble en effet, avoir commis toutes les horreurs possibles : les guerres, la destruction du monde, les violences conjugales, les meurtres…

Difficile, quand on a conscience de sa place d’homme, de ne pas se sentir coupable. Surtout, et je dois bien l’admettre, face aux discours de certaines féministes.

Bien sûr, je ne souhaite pas cliver d’avantage avec mes propos. Il est évident qu’il reste encore beaucoup à faire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et je ne remets pas en question cela.

Mais je crois que, si d’un côté, de nombreuses femmes semblent en colère contre les hommes, la plupart des hommes eux, semblent avoir peur des femmes. Et je m’inclus tout à fait dans ce groupe.

Et si les femmes acceptaient leur colère pour prendre leur place ?
Et si les hommes acceptaient leur peur pour poser les armes ?

Parfois, je me prends à rêver d’une société où les femmes ne seraient plus des princesses, et les hommes ne seraient plus des princes, où les femmes ne seraient plus des victimes et les hommes des oppresseurs. Une société où chacune et chacun tacherait au quotidien, de comprendre un peu plus ses propres conditionnements.

La chanteuse Camille qui nous regarde.

La chanteuse Camille

Nous sommes des femmes.
Nous sommes des hommes.
Nous sommes des êtres humains.

Peu importe notre sexe, notre genre, notre couleur de peau, notre classe sociale, nos origines… Il est urgent, dans le monde qui est le notre, de façonner nos vies à l’image de qui nous sommes vraiment.

C’est le fameux « Qui suis-je ? ». Vaste question posée depuis la nuit des temps et, dont vous l’aurez compris, le didgeridoo n’est qu’une infime partie de la réponse.

Et vous comment vous positionnez-vous sur ces questions ? Que pensez-vous de ces sujets si sensibles qui façonnent notre époque ? Si vous souhaitez soutenir cette cause, partagez et commentez !

Crédit photo principale (joueuse sur la photo : Lies Beijerinck) : La république des pyrenees

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17 réponses à « Pourquoi si peu de femmes jouent du didgeridoo (et qu’est-ce que cela révèle de notre société) ? »

  1. Je ne pense pas qu’il s’agisse de femmes vivant dans l’ombre des hommes. Dans la culture autochtone, il y a les affaires des hommes et les affaires des femmes. Le didgeridoo relève des affaires des hommes. Ce n’est pas une question de sexisme, c’est une division des tâches. Je ne pense pas que les affaires des hommes et des femmes, et ce qu’elles sont, soient même discutées en dehors des peuples autochtones, donc ce n’est vraiment pas notre place de remettre cela en question.

    J’ai acheté mon dernier didgeridoo auprès d’un homme autochtone local, et on m’a donné la permission de le jouer comme je le voulais. Mais il y avait deux conditions : aucune femme ne peut le jouer, aucune femme ne peut le tenir. Il a fabbriqué ce didgeridoo, il a été utilisé dans des cérémonies, et son père était un Elder, donc je respecterai absolument ses souhaits car il me l’a vendu sous ces conditions.

    S’il est utilisé dans des travaux de guérison sonore et de méditation sonore, les communautés autochtones sont très préoccupées par le fait de ne pas diriger le didgeridoo vers une femme, particulièrement si l’hôte se promène dans la pièce.

    Quel que soit votre avis, il devrait y avoir du respect pour l’instrument qui a été joué pendant 1500 ans et son contexte culturel. Bien sûr, en Europe et aux États-Unis, il n’y a pas de communautés autochtones pour se procurer des didgeridoos ou des yidakis traditionnels, pour demander la permission ou rendre hommage, donc la situation est quelque peu différente de celle lorsqu’on vit parmi les peuples autochtones.

    J’ai juste pensé ajouter quelques pensées d’une Australienne 😊

    Traduit automatiquement de l’anglais · Voir l’original

    I don’t think this is about women being in the shadow of men. In indigenous culture, there is men’s business and there is women’s business. Didgeridoo falls under men’s business. This is not about sexism, this is division of tasks. I don’t think men’s and women’s business, and what that business is, is even discussed outside indigenous people, so it’s not really our place to question this.

    I bought my latest didgeridoo from a local indigenous man, and was given permission to play it in the ways I wanted to. But there were two conditions, no woman can play it, no woman can hold it. He made that didgeridoo, it was used in ceremonies, and his father was an Elder, so I will absolutely respect his wishes as he sold it to me under those conditions.

    If used in sound healing and sound meditation work, indigenous communities even feel very strongly about not directing the didgeridoo at woman particularly if the host walks around the room.

    Whatever your opinion, there should be respect of the instrument that’s been played for 1500yrs and its cultural background. Understandably, in Europe and the US, there aren’t the indigenous communities to go and source traditional didgeridoos or yidakis, to ask for permission or to pay respects to, so the situation is somewhat different to when you live among indigenous people.

    Just thought I’d add some thoughts from an Australian 😊

  2. Avatar de ralph.runknagel
    ralph.runknagel

    Bonjour,

    D’abord, excusez-moi d’écrire en anglais, mais mon français d’école est plutôt rouillé. Je suis d’autant plus reconnaissant de la traduction amicale de Gauthier de la plupart de ses excellents articles de blog et vidéos en anglais. Un grand bravo pour ça, Gauthier !

    J’ai été assez choqué par ces chiffres que vous montrez dans votre article, car je pensais que la musique (surtout la musique moderne) en tant que forme d’art « douce et souvent psychologiquement sophistiquée » (j’espère que vous comprenez ce que je veux dire) était plus équilibrée en matière d’égalité des genres.
    Je connais bien ce sujet dans les beaux-arts. Il n’y a qu’une seule artiste femme connue d’un domaine plus large jusqu’à l’époque de l’impressionnisme : la brillante Artemisia Gentilleschi (quel merveilleux nom, n’est-ce pas ?) – une artiste du Baroque tardif. Puis il n’y a rien pendant une centaine d’années. À partir de l’époque impressionniste, il y en a quatre ou cinq (Mary Cassatt, Berthe Morisot, Camille Claudel – si maltraitée par le « grand » Rodin – et deux ou trois autres, à peine connues). Plus tard au XXe siècle, il semble que le célèbre Bauhaus ait joué un rôle important en donnant aux femmes un espace pour s’exprimer. Mais il y en a peut-être une poignée parmi tous les hommes. Faites une promenade dans un musée d’art contemporain, regardez les lauréates des prix – les œuvres des femmes sont très gravement sous-représentées !
    Alors un grand coup de chapeau au merveilleux travail de Rebecca Horn, Yayoi Kusama, Cindy Sherman, Marina Abramovic, Louise Bourgeoise et à toutes les autres femmes courageuses qui essaient de faire valoir leur perspective féminine unique sur notre monde !

    Meilleurs vœux de la Baltique
    Ralph

    Traduit automatiquement de l’anglais · Voir l’original

    Hello,

    first excuse for writing in English, but my school – days – French is quiet rusty. The more grateful I am for Gauthiers friendly translation of most of his great blog posts and videos to English. Big thumbs up for this, Gauthier!

    I was quiet shocked by those numbers you show in your article, since I thought music (especially modern music) as kind of a “soft and often psychologically sophisticated” art form (hope you get what I mean with this) is more balanced in question of gender equality.
    I know this topic quiet well from fine arts. There is only female artist one known to a wider field up until the era of Impressionism: the brilliant Artemisia Gentilleschi (what a wonderful name, isn’t it?) – an artist from late Baroque. Then there’s nothing for some hundred years. From impressionists times there are four or five (Mary Cassatt, Berthe Morisot, Camille Claudel – so abused from the “great” Rodin – and two or three more, hardly known women). Later on in the 20th century, it seems that the famous Bauhaus took an important role in giving women a space to express themselves. But there are maybe a handful amongst all the men. Take a stroll through a museum of contemporary art, look at the prize winners – women’s works are very severely underrepresented!
    So a big shoutout to the wonderful work of the Rebecca Horn, Yayoi Kusama, Cindy Sherman, Marina Abramovic, Louise Bourgeoise and all the other brave women trying to make a stand for their unique female perspective on our world!

    All the best from the Baltic Sea
    Ralph

    1. Merci Ralph pour ce beau commentaire et pour partager tous ces noms.
      Comme tu l’as dit, gloire aux femmes qui ont réussi (et continuent) à s’affirmer face à un patriarcat qui a la vie dure.

      Traduit automatiquement de l’anglais · Voir l’original

      Thank you Ralph for this beautiful comment and for sharing all these names.
      As you said, glory to the women who have managed (and continue) to assert themselves in the face of a patriarchy that is still hard to dislodge.

  3. Avatar de Doris
    Doris

    Quel sujet important !
    Le rôle des femmes dans l’ombre des hommes est une tradition ancienne et toujours présente dans la pensée de la société. Je ne sais pas ce qu’il faudrait pour que cela change.

    J’ai récemment eu une expérience où j’ai vu un spectacle d’un artiste de cabaret, un homme qui réfléchit de manière critique sur la société et la politique. Après le spectacle, j’étais debout avec quelques hommes, et l’artiste de cabaret s’est approché parce qu’il connaissait certains d’entre eux, et puis il m’a regardée d’un air interrogateur. Et il ne m’a pas demandé qui j’étais, mais plutôt « Et vous, vous êtes la femme de… ? »

    Et je veux ajouter une autre compositrice, à peu près de la même époque que Clara Schumann : Fanny Mendelssohn-Bartholdy. Pianiste et compositrice. Sa famille lui a largement interdit de poursuivre une carrière musicale et de publier ses compositions. C’est évident que Felix Mendelssohn-Bartholdy (son frère ;-)) a publié plusieurs de ses compositions sous son nom. Il admirait ses œuvres, qui ont également été une source d’inspiration pour lui. Quelques mois seulement avant sa mort, Fanny a publié certaines de ses compositions contre les souhaits de sa famille.

    Traduit automatiquement de l’anglais · Voir l’original

    What a big topic!
    The role of women in the shadow of men is an ancient tradition and still present in society’s thinking. I don’t know what needs to happen for that to change.

    I recently had an experience where I saw a show by a cabaret artist, a man who critically reflects on society and politics. After the show, I was standing with a few men, and the cabaret artist came over because he knew some of them, and then he looked at me questioningly. And he didn’t ask who I was, but rather, “And you’re the wife of…?”

    And I want to add another female composer, quite the same period of Clara Schumann: Fanny Mendelssohn-Bartholdy. Pianist and composer. Her family largely forbade her pursuing a musical career and publishing her compositions. It’s evident, that Felix Mendelssohn-Bartholdy (her brother ;-)) published several of her compositions under his name. He admired her works, which were also a source of inspiration for him. Just a few months before her death, Fanny published some of her compositions against her family’s wishes.

    1. Merci, Doris, pour ton commentaire.
      L’histoire de Fanny Mendelssohn-Bartholdy est tellement révélatrice.
      Quand je pense au nombre de femmes qui ont été empêchées (et bien plus encore)— et qui le sont toujours aujourd’hui — ça me touche vraiment.

      Et la question que cet artiste a posée montre vraiment combien de décondditionnement nous avons encore devant nous (je ne le juge pas, et je m’inclus moi-même dans ce processus !).
      Merci Doris

      Traduit automatiquement de l’anglais · Voir l’original

      Thank you, Doris, for your comment.
      The story of Fanny Mendelssohn-Bartholdy is so revealing.
      When I think about how many women have been prevented (and much more)— and still are today — it really moves me.

      And the question that artist asked truly shows how much deconditioning we still have ahead of us (I’m not judging him, and I include myself in this too!).
      Thank you Doris

  4. Avatar de Nadia
    Nadia

    Coucou Gauthier,
    Pour ma part, ce n’est pas une question de capacité physique qui fait qu’il y a moins de joueuses!
    Je pense simplement qu’elles ont autre chose à faire ?
    La femme dérange l’homme depuis la nuit des temps. D’après certains écrits il y avait au départ une Déesse vénérée de tous qui donnait vie et nourrissait ses enfants (tous les humains). Puis avec l’arrivée de la religion en général on est passé à un Dieu (masculin quelque soit la religion). On a pris des femmes pour des sorcières simplement parce qu’elles connaissaient le pouvoir de la Nature et etaient connectées à Elle.
    Hommes et femmes sont différents mais complémentaires et en chaque être humain il y a une part de masculinité et de féminité.
    Homme ou femme, chacun a son importance et son rôle. On le voit bien dans la culture aborigène. Il n’y a pas de concurrence ou de tâches inférieures à d’autres.
    La femme peut faire peur en effet car elle donne la vie par le biais de son corps, elle nourrit sa progéniture (ce que fait la Nature). Elle est rythmée par des cycles (tout comme les saisons et la lune).
    Elle peut paraitre mystérieuse car elle ressent plus facilement que certains hommes ce qui l’entoure (On parle souvent du 6ème sens!).
    Pour revenir au didgeridoo, il y a des femmes qui jouent qui restes discrètes.
    mais en effet comme a pu l’expliquer Guillaume, lorsqu’on a une vie de famille on fait des choix.
    Chacun a sa propre motivation.
    Quoiqu’il en soit, le thème du « féminin sacré  » a le vent en poupe en ce moment et permet à certaines femmes de se questionner sur sa place et ses capacités perdues. Peut-être arrivera t on un jour a un véritable et bel équilibre entre les deux sexes qui nous permettra de vivre tous en harmonie.

  5. Avatar de Lise Lebas
    Lise Lebas

    Bonjour Gauthier,

    Tout d’abord, j’ignore si vous aurez le temps de lire ce petit mail en réponse à l’article que vous venez de m’envoyer sur les interrogations qui sont les vôtres à propos des femmes qui jouent du didgeridoo, et, en tout état de cause, ces quelques lignes ne demandent pas de réponse… sauf, bien sûr, si vous en avez éventuellement le temps.

    Je viens de m’offrir pour Noël le  » pack débutant « avec votre méthode, commercialisé par didgeridoo passion. Je suis une femme, j’ai 64 ans et j’ai décidé de me lancer dans cette aventure. Nul doute, au demeurant, que, dès que j’aurais suffisamment progressé je m’inscrirai à vos cours en ligne.

    Je me suis aussi posé la question; pourquoi si peu de femmes visibles dans ce monde d’hommes qui me semble souvent crée par des hommes et pour les hommes. Pour accepter cette situation, je me suis demandé ce que serait le monde, la société, si cette dernière avait été dominée par les femmes. Il est probable que les dérives, les abus de pouvoir et autres débordements auraient été tout aussi regrettables. Par-delà le clivage, hommes, femmes, il y a la nature humaine et mère nature ou la puissance divine si l’on préfère qui a permis aux singes que nous fûment jadis de développer notre système nerveux central au-delà du raisonnable, semble – t – il parfois.

    Vos interrogations, les doutes et les craintes qui sont les vôtres sont louables mais, vous êtes un garçon capable de vivre des relations équilibrées et équitables avec les personnes qui vous approchent, qu’ils s’agissent d’hommes ou de femmes. Cela se voit dans vos vidéos, dans votre approche pédagogique, cela s’entend dans votre musique. Une dernière petite chose, il s’agit seulement d’une hypothèse, mais outre l’aspect culturel ou sociétal du phénomène, les femmes ont une capacité thoracique moins grande que celle des hommes et ceci peut aussi participer de la rareté des joueuses de didgeridoo.

    Il me reste à vous remercier pour l’investissement qui est le vôtre vis à vis de cet instrument aux accents quasi métaphysiques et vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année.

  6. Coucou Gauthier,
    Joli sujet, bien à l’ordre du jour. Je fais des sensibilisations en milieu scolaire et je confirme qu’il y a du taf, et que cela touche autant les hommes que les femmes. On est bel et bien tous conditionnés et on en fait tous les frais, à petites ou grosses doses. Ce qui est beau, c’est que cela avance tout doucement 🙂
    Beaucoup aimé ton article…
    Et pour illustrer, voici ceci, chanté par du masculin et du féminin, de manière très poétique (j’ai par contre pas trouvé la version de l’album qui est superbe…) :
    LAMOMALI DE -M- – UNE ÂME @ Vieilles Charrues 2017 – YouTube
    Ya pas de didj dedans mais c’est joli comme tout je trouve et bien à propos…
    Et oui, c’est ça, semons plein de graines 😉 en musique ou autrement…

  7. Avatar de Guillaume
    Guillaume

    Bel article… merci pour ce partage.
    C’est un sujet auquel j’ai toujours été très sensible. J’ai parfois tendance à croire que le sexisme est la première et la pire des batailles, cause de toute les autres… Notre incapacité à accepter, prendre en compte, et respecter la différence de l’autre, en lui reconnaissant pleinement son mystère mystique… et l’horreur d’un combat absurde alors que nos natures sont en réalité, par essence, d’une complémentarité extatique… me font verser des larmes quand je m’y arrête vraiment…
    Mais j’aime a penser que nous avons énormément (heureusement!!!) évolué dans ce domaine, et que ça semble vraiment bien partis : que notre conscience collective de ces enjeux va forcement continuer de s’approfondir et de s’affiner dans les années/décennies à venir, qu’on est bien collectivement lancés sur ces questions…
    Mais c’est sûr qu’il faut vraiment se retrousser les manches !!!
    Ce qui est délicat, entre autre, c’est qu’être « égaux » ne signifie pas être « identiques »… Par exemple personnellement je suis père et je tiens à assumer pleinement ma paternité, être présent pour mes enfants et rompre avec une tradition qui m’inciterais à privilégier ma carrière et à laisser le soin de leur éducation à leur mère. Je tiens également a ce qu’elle puisse s’épanouir professionnellement.
    Il se trouve que nous sommes tous 2 musiciens professionnels… Et la musique est une discipline jalouse n’est-ce pas ? Les enfants en bas-âge peuvent facilement être des puissants freins, voir des brise-carrières pour des musiciens… mais encore plus pour des musiciennes, et pas seulement par conditionnement à mon avis : Je ne pourrais jamais être relié à mes enfants de la même façon qu’elle, de façon si primaire, si viscérale parce que je n’ai pas pu les porter dans mon ventre, ni les mettre au monde et les allaiter. J’ai par nature un autre rôle, non moindre, non supérieur, simplement différent. Si nous reconnaissions à sa juste valeur l’investissement et l’amour que les mères offrent à leur enfants, nous retrouverions la fierté de ce qui nous a nourri et fait grandir, et nous rendrions justice à la mère de Mozart au lieu de ne parler que du rôle de Léopold… Si nous reconnaissions à sa juste valeur le service rendu à la société par les parents qui s’occupent réellement de leurs enfants, pour leur donner des bases solides sur lesquelles se construire et devenir des adultes équilibrés… Ça changerais tout à mon avis ! Actuellement il me semble que les parents doivent sacrifier leur parentalité s’ils veulent faire carrière ou même simplement joindre les 2 bouts, bien souvent on n’a plus la place et le temps de s’occuper de nos enfants. Alors crèche, école, garderie, télévision, jeux vidéos… et celles qui en souffrent le plus, juste après les enfants, ce sont les mères à mon avis… Alors partir en tournée, écrire un opéra, décrocher l’intermittence avec le cœur à l’envers… a quoi bon ?!! Quand on en aura finit avec le sexisme cette planète aura sûrement la douceur d’un vrai paradis…. alors, allons -y ensemble !!! 🙂

  8. Avatar de Calie M
    Calie M

    Bonjour Gauthier, il m’a touchée cet article, j’ai pris le temps de le laisser infuser avant d’écrire ce message, gratitude. Merci pour cet article documenté, référencé, qui dépasse la question des femmes et du didgeridoo, si blessante ces derniers temps de tous côtés, et faisant ressortir d’autres injustices et incompréhensions. Merci pour l’élargissement du regard, puis la prise de recul. C’est drôle (d’actualité ?) je suis en plein dans le « Qui suis-je ? » en ce moment. Retirer ses couches, se ressentir, prendre la responsabilité de ses émotions.. Rester alignée avec l’en-dedans, quand j’entre en relation avec le monde. Graines de rêvolution ! =)

  9. Avatar de Patrick GARBOUS
    Patrick GARBOUS

    Merci Gauthier pour cet article bien intéressant et très travaillé.
    Je pense que l’homme et la femme ne sont pas égaux mais complémentaires. L’un n’est pas supérieur à l’autre ni inférieur.
    D’un point de vue pratique, il est honteux que pour un même travail ou une même activité (sportive par exemple), les femmes ne reçoivent pas les mêmes rémunérations que les hommes.
    Bon nombre de religions ne semblent pas favoriser les femmes.
    Pour en revenir au didgeridoo (comme à de nombreuses activités de loisir), on trouve parfois plus de filles que de garçons dans certains domaines (équitation par exemple) mais arrivées à l’âge adulte, les femmes se font plus rare. Il est vrai qu’un plus d’un travail, elles doivent éventuellement s’occuper des enfants et de la maison (rôle trop peu partagé par l’homme) et n’ont plus beaucoup de temps et d’énergie pour un loisir.
    Je rejoins tout à fait les propos de Véronique.
    Le monde est loin d’être parfait et trop souvent encore moins parfait pour les femmes alors que parfois et même souvent elles sont plus méritantes que les hommes.

  10. Avatar de Victor
    Victor

    Merci Gauthier pour cet article inspiré et inspirant !

  11. Avatar de Véronique
    Véronique

    Merci Gauthier pour ce magnifique article sur le rapport homme femme. La femme doit plus se battre pour arriver à être l’égale d’un homme au niveau du salaire par exemple. Les rapports entre femmes dans les entreprises sont souvent horribles. Le sens de la hiérarchie est plus présente qu’ailleurs.

    La femme va te fait bien sentir que tu es inférieure parce que tu n’as pas fait telle ou telle école, ou que tu n’es là que depuis quelques mois et donc que ta parole n’a aucun poids. Les femmes arrivistes sont de terribles sorcières comme dans les 101 dalmatiens ou dans le film le ‘diable s’habille en Prada’.

    J’ai constaté que ce sont souvent des femmes qui n’ont pas trouvé l’homme de leur vie et qui pour se donner une contenance critiquent celles qui sont satisfaites de leur vie de famille. Ces femmes là jouent un jeu vraiment intéressant avec tous les hommes en se pavanant devant eux. C’est rigolo de les observer.

    Je ne crois pas une seconde qu’un jour on puisse atteindre l’égalité homme femme. Physiquement parlant ce n’est pas possible : nous avons tout simplement moins de force. Nous assumons forcément la maternité et l’éducation de nos enfants. C’est dans la logique depuis des millénaires puisque c’est nous les femmes qui les mettons au monde. On ne pourra jamais inverser cette réalité.

    Bien souvent, on rajoute à cela la cuisine et le ménage. On ne peut plus trouver de temps pour faire autre chose comme jouer du didgeridoo par exemple. La vie de plus en plus nous offre de belles choses à essayer, la musique mais tous les autres arts en général.

    Personnellement je dessine dès que je peux mais ces moments là sont trop rares mais tellement précieux.

    En conclusion. Est ce que c’est parce-que les hommes ont moins de contraintes, plus de temps, qu’ils prennent le temps de jouer d’un instrument.
    Voilà rapidement mon sentiment.
    Bonne journée.

  12. Avatar de priscilla galvan
    priscilla galvan

    Merci Gauthier pour ce magnifique article (et, en passant,merci pour ton enseignement si clair et de qualité). Je te rejoints tant! Je suis une joueuSE de didgeridoo et encore plus fière de l’être en lisant cet article! Reconnaître sa colère et sa peur. Ca me parle, je n’ai jamais éprouvé de colère envers les hommes. en fait les privilèges des hommes ou les actes/activites/metier non accessible aux femmes par convention m’ont toujours paru ridicule ou risible. Car je n’ai jamais vu d’impossibilité a prendre ma place. Alors bien sur que j’ai eu ded remarques has been, sexiste. Mais j’ai toujours eu confiance en ma capacité a faire des trucs habituellement décerné aux hommes et je l’ai fait quoi qu’on en dise. J’aurais pu me victimiser ou être dans une lutte féministe. Mais pour moi, c’est pas utile car aucunes lois (en France) ne m’interdisent de jouer du didgeridoo, couper du bois, bricoler, faire du chamanisme, prendre des décisions pour mon foyer, etre actrice de ma vie…etc

    1. Avatar de Gauthier Aubé
      Gauthier Aubé

      Merci Priscilla, ton message me fait chaud au cœur et m’a donné le sourire.
      Vive les femmes et hommes libres. 🙂

  13. … Jean FERRAT chantait:
    « La femme est l’avenir de l’homme »…

    1. Avatar de Gauthier Aubé
      Gauthier Aubé

      Heureusement que la poésie existe ! Elle n’exige ni rigueur philosophique, ni toutes formes de démonstrations théoriques, et pourtant elle va droit au but. Merci Bernard.

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