Fa#, Mi, Ré, Do, Si… Quand on cherche un nouveau didgeridoo, la question de la note arrive très vite. Mais comment savoir laquelle vous convient ? Pour vous aider, je suis allé chez Greg, dans le local de Didgeridoo Passion, et j’ai enchaîné les instruments, du plus aigu au plus grave, pour que vous puissiez entendre la différence par vous-même. (à écouter : Interview | Grégory Zwingelstein, créateur de Didgeridoo Passion !)
Précision importante : cet article s’adresse surtout à celles et ceux qui jouent déjà et qui aimeraient monter en gamme. Si vous débutez, je vous conseille plutôt de commencer avec un didgeridoo à moins de 100 € : cela vous laissera le temps de voir si l’instrument vous plaît, si vous avez le feeling. Il sera toujours temps, plus tard, de mettre des sous dans un meilleur instrument ! (lire aussi : Quel didgeridoo choisir pour apprendre à jouer ?)
Vous allez voir, il n’y a finalement pas énormément de critères. Il y a bien sûr beaucoup de finesse dans chacun d’eux, mais les grands choix se font avant tout en fonction de votre style et de ce que vous recherchez. En avant toute !
Première question : que voulez-vous jouer ?
C’est la toute première question à vous poser, car c’est elle qui va orienter votre choix. Pour prendre un exemple extrême : les didgeridoos traditionnels (qu’on appelle d’ailleurs plutôt yidaki ou mago, selon leur forme) sont faits pour jouer trad. Et il existe ainsi différents types d’instruments pour différents styles.
Alors, qu’aimez-vous jouer ? Qu’aimez-vous écouter au didgeridoo ?
- un jeu plutôt rythmé, un didgeridoo qui envoie, très rapide, avec des « toc » bien marqués ?
- ou un jeu plus posé, joues gonflées, avec plus de rondeur ?
Bien sûr, vous pouvez aussi jouer vite avec les joues gonflées, mais la sensation ne sera pas du tout la même. C’est d’ailleurs tout le propos de ma formation « Au cœur du rythme » : la respiration est au cœur du rythme, et c’est elle qui va définir votre manière de jouer. Une partie de cette formation est disponible dans mon cours gratuit Les bases du rythme.
Toutes les notes tiennent sur une octave
Quasiment toutes les notes de didgeridoos que vous trouverez, chez Didgeridoo Passion ou ailleurs, tiennent sur une seule octave : du Sol aigu au La grave. Certains instruments descendent plus bas, mais c’est vraiment très rare. D’ailleurs, le jour du tournage, il n’y avait aucun La grave en vente ! Le Sol aigu est lui aussi extrêmement rare. La plupart du temps, la gamme va plutôt du Fa# au Si♭.
Pour la vidéo, j’ai sélectionné les instruments uniquement pour leur note, et non pour leur caractère. Certaines notes sont plus ou moins justes, mais cela vous donnera une bonne idée de l’ensemble, du plus aigu au plus grave.
Pour y voir plus clair, on peut classer ces notes en trois familles : les aigus, les médiums et les graves. (lire aussi : Quelle note choisir pour débuter au didgeridoo ?)
FA – FA# – SOL : les aigus, du dynamisme avant tout
Avec un Fa#, on passe en mode moustique ! Le didgeridoo sonne très haut, la vibration est rapide : ce sont des instruments très, très dynamiques. Le Fa, lui, est déjà beaucoup plus long. En effet, de manière générale, plus on descend dans les graves, plus le didgeridoo est long (même si ce n’est pas toujours vrai, j’y reviendrai).
Ces notes sont assez atypiques. Elles étaient plus recherchées il y a une quinzaine d’années, quand les joueurs voulaient vraiment jouer vite et fort. Elles sont aujourd’hui moins jouées, car plus on va vers les aigus, moins ça pardonne, et plus il est difficile de trouver un didgeridoo qui sonne vraiment.
MI – MI♭ – RÉ – DO# : les médiums, entre rondeur et dynamisme
Les médiums se situent entre les aigus et les graves, du Mi au Do# à peu près.
- Le Mi sonne tout de suite beaucoup plus rond, beaucoup moins sec que les aigus.
- Le Mi♭ (ou Ré#, c’est la même chose) commence à devenir plus grave. On n’est pas encore dans les graves, mais le bourdon se teinte déjà d’un peu plus de rondeur.
- Le Ré est plus grave encore. Celui de la vidéo commence très fin puis s’évase, et il est très grand pour un Ré. Il sonne plus sec, mais garde de la rondeur : on commence doucement mais sûrement à approcher des graves.
- Le Do#, un demi-ton plus bas, est déjà vraiment rond.
Attention toutefois : la note ne fait pas tout. La colonne d’air joue aussi énormément sur le son, nous y reviendrons plus bas.
Gardez aussi en tête que ces familles sont très relatives. Certains joueurs jouent sur des didgeridoos bien plus graves et considèrent qu’un Do n’a rien d’un grave… c’est presque un aigu pour eux ! Ces catégories sont simplement là pour vous donner les grandes lignes, par rapport aux instruments les plus courants.
DO – SI – SI♭ : les graves, un son rond et chaleureux
Avec le Do, le son devient vraiment rond, chaleureux, tout doux. Et le Si est le plus grave que j’ai trouvé ce jour-là.
De manière générale, plus on descend dans les graves, moins il y a de backpressure, c’est-à-dire de retour de pression. La backpressure, c’est la résistance de la colonne d’air de votre instrument. Elle plaît beaucoup aux joueuses et aux joueurs car, en théorie, plus il y en a, moins l’instrument consomme d’air. (lire aussi : Backpressure et didgeridoo : et si on se trompait de débat ?)
Un didgeridoo grave consomme donc potentiellement plus d’air, ce qui invite à jouer plus lentement, de façon moins dynamique et plus posée. C’est la logique des choses : plus grave = moins de backpressure = un jeu plus doux et plus posé.
Mais ce n’est pas une vérité en soi ! Vous pouvez tout à fait jouer des rythmiques très fortes sur un didgeridoo grave, et des jeux posés sur un didgeridoo aigu. Personnellement, je trouve qu’un didgeridoo grave joué de manière très rythmique, c’est super beau. Et inversement, un Fa joué de manière posée peut être très joli aussi (à condition qu’il soit extrêmement bien joué !).
Alors, quelle note choisir ?
À la fin de la vidéo, je rejoue le Si puis le Fa# : ce sont quasiment les deux opposés du spectre, avec deux caractères vraiment différents. C’est à vous de voir si vous recherchez quelque chose de plus rond ou de plus dynamique.
- Vous jouez seul·e ? Il n’y a pas de critère précis : demandez-vous simplement si vous voulez quelque chose de pêchu et dynamique (plutôt aigu), ou de posé (plutôt grave, du côté des Do et des Si).
- Vous jouez avec d’autres musiciens ? Demandez-leur quelle tonalité leur conviendrait le mieux pour votre projet. Et il y a de fortes chances que vous ayez besoin de plusieurs notes pour vous adapter aux morceaux.
Prochaine étape : le caractère de l’instrument, c’est-à-dire comment vous orienter à l’intérieur d’une même note. Car pour une seule note, vous pouvez trouver trois, quatre, cinq didgeridoos au caractère complètement différent ! (lire aussi : Didgeridoo cylindrique ou conique : lequel choisir ?)
Et vous, plutôt aigu ou plutôt grave ? Sur quelle note jouez-vous ? N’hésitez pas à partager votre expérience ou à poser vos questions dans les commentaires !








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