Début 2026, Adhem est venu me voir pour un cours particulier. Il avait un soucis, quand il jouait, son son de didgeridoo était beau, bien posé… pendant une minute, deux minutes, parfois trois. Et puis, petit à petit, sans qu’il comprenne pourquoi, tout s’effondrait. Le son perdait sa clarté et devenait flou.
Cette question, on me la pose très régulièrement. Et pour cause, garder un son stable sur la durée, c’est l’une des grandes difficultés du didgeridoo ! Alors voyons ensemble ce qui se passe, et comment y remédier.
Deux qualités qui marchent main dans la main
Pour moi, il y a deux grands piliers au didgeridoo. D’un côté, la qualité du son, autrement dit votre articulation : c’est elle qui rend vos rythmes clairs et identifiables. De l’autre, la qualité du souffle, qui fait la qualité de votre rythme, car au didgeridoo, le souffle, c’est le rythme ! Un souffle continu fluide donne des rythmes fluides ; une belle articulation donne un discours clair.
Ici, c’est de la clarté dont nous allons parler. Et la clarté vient avant tout du pincement des lèvres, et plus précisément de leur commissure. Si cette notion de pression est encore floue pour vous, je vous invite à lire d’abord Améliorer votre son au didgeridoo grâce à la pression. Car la question d’Adhem était un peu différente : son son était bon au départ, c’est au fil du temps qu’il se dégradait.
Premier point de vigilance : les joues
Tant que vous jouez les joues dégonflées, tout va bien. Vous pouvez pincer la commissure de vos lèvres et garder un son stable. Mais le souffle continu nous oblige à gonfler les joues juste avant de respirer… et c’est souvent là que la pression s’échappe discrètement. Une respiration, puis une autre, puis une autre, et sans s’en rendre compte, le son a perdu de sa tenue.
L’astuce est simple, mais elle demande un peu d’attention au début : juste après chaque souffle continu, repincez bien fort la commissure de vos lèvres. Vraiment fort ! Vous allez entendre la différence immédiatement : le son retrouve sa clarté au lieu de s’affaisser. Avec le temps, ce petit geste deviendra un réflexe.
Deuxième piste : la remise à zéro par une attaque
Il arrive que, malgré tout, votre son s’en aille au bout de deux ou trois minutes. Dans ce cas, je vous propose une petite astuce que j’utilise moi-même très souvent : faire une attaque très forte. Un « to » ou un « ko » bien appuyé, ou carrément un kouf, ce son de caisse claire si caractéristique.
Pourquoi ça marche ? Parce qu’une attaque aussi franche vient perturber le placement de vos lèvres. Elle les bouscule un peu… et vous offre ainsi l’occasion de les replacer correctement juste derrière, en repinçant un bon coup. C’est un peu comme si vous appuyiez sur un bouton « reset ». Le kouf est un peu extrême, mais un « to » ou un « ko » bien appuyé suffit souvent à retrouver un son clair.
Troisième piste, moins glamour : la salive
Ah, la salive… On n’en parle jamais, et pourtant vous êtes nombreux et nombreuses à me poser la question ! Quand on joue du didgeridoo, on salive, c’est tout à fait normal. Seulement voilà, comme on joue en continu, on n’a pas vraiment l’occasion de l’évacuer. Et cette salive peut venir perturber la vibration de vos lèvres, et donc votre son.
Je dois vous avouer que je n’ai pas de solution miracle. Il y a deux options. La première, c’est de l’avaler en jouant : un peu comme un souffle continu inversé, vous continuez à pousser l’air avec les joues pendant que vous avalez. Ça demande un peu d’entraînement, mais franchement, ça passe très bien. La seconde, c’est de la laisser partir dans le didgeridoo, notamment pendant les petites attaques. Pas très glamour, je vous l’accorde… C’est d’ailleurs pour ça qu’il est important de nettoyer et d’essuyer régulièrement votre instrument.
Et si vous avez trouvé votre propre technique, partagez-la en commentaire, elle aidera sûrement d’autres joueurs et joueuses !
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« Il n’y a pas de chemin vers le bonheur. Le bonheur, c’est le chemin. »
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Et surtout : jouez sur la longueur
Au-delà de toutes ces astuces, il y a une chose qui compte plus que tout : l’endurance. Bien souvent, on souffle un peu, ça commence à moins bien sonner, on s’arrête, on s’auto-censure… puis on reprend. Mais ça, ça ne fait jamais travailler l’endurance.
Alors même si votre son se dégrade au bout de deux ou trois minutes, continuez à jouer. Continuez votre rythme pendant cinq minutes, dix minutes, peut-être quinze. Vous allez voir qu’en reprenant le lendemain, quelque chose aura changé : votre son tiendra plus longtemps, il sera plus propre, plus stable. Et petit à petit, cette frontière où le son commence à faiblir reculera, bien au-delà de ce que vous imaginiez.
Si vous avez au contraire du mal à tenir parce que vous manquez d’air ou que vous étouffez, l’article Ne vous arrêtez plus (au didgeridoo) ! devrait vous éclairer.
Pour conclure
Un son qui se dégrade n’est pas une fatalité. Repincez après chaque respiration, osez une attaque franche quand le son vous échappe, apprivoisez cette fameuse salive… et surtout, ne vous arrêtez pas trop vite. Votre son a simplement besoin de temps pour apprendre à durer.
Si vous voulez intégrer tout ça dans une pratique quotidienne, je vous propose une routine complète dans Comment progresser au didgeridoo : la routine d’entraînement en 4 temps. Et pour construire un son clair et puissant pas à pas, c’est tout l’objet de ma formation L’art du didgeridoo.
Et vous, au bout de combien de temps votre son commence-t-il à faiblir ? Bon souffle à vous !









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