Au printemps dernier, j’ai publié une vidéo sur un rythme que vous avez forcément déjà entendu. Peut-être autour d’un feu, quand quelqu’un sort un djembé, ou même à la radio. Je l’ai appelé Maksoum… Mais quelques jours plus tard, Steph m’écrivait en commentaire : « Gauthier, tu te trompes, ce n’est pas Maksoum, c’est Ayoub ! »
Il avait raison.
Je ne suis pas un spécialiste de la derbouka, et je me suis emmêlé les pinceaux. Mais cette petite erreur s’est révélée être un cadeau, car les deux rythmes sont cousins. Une seule frappe les sépare, et c’est justement cette frappe qui va nous permettre de créer des variations très musicales. Merci Steph ! 😉
Ayoub, le rythme du coin du feu
Ayoub, c’est ce balancement qu’on chante sans même y penser : koum-ka, koum-ka, koum-ka. Deux sons seulement, un grave et un plus aigu, qui se répondent à l’infini. C’est simple, c’est puissant, et c’est universel : on le retrouve dans les percussions traditionnelles, dans les jams, et dans une bonne partie de la pop d’aujourd’hui.
Pour le jouer au didgeridoo, il suffit de le retranscrire : un son de didgeridoo pour les koum, un autre pour les ka. Et c’est là que ça devient intéressant, car on peut le faire de bien des manières.
Trois souffles pour un même rythme
Voici la première version que je vous propose :
On respire sur le « ton« , avec la respiration rebond, et le « ki » doit ressortir bien net, car c’est lui qui porte l’accent.
Et maintenant, on va modifier la respiration. J’en profite d’ailleurs pour répéter un basique : au didgeridoo, il existe au moins 7 souffles continus, et chacun d’entre eux nous encourage (presque malgré nous !), à jouer un style. Aussi changer de souffle, c’est changer de couleur.
Donc la seconde version du rythme, sera avec des « WA« . Le « WA » rebondit naturellement, il marque l’accent tout seul, sans effort.
Et enfin, la troisième respiration sera un « WI ». Une respiration joues gonflées, massive et en même temps très précise avec ce son « i » qui l’a caractérise. Personnellement c’est une de mes préférés !
Essayez, mais en général, vous réussirez à jouer au moins une des trois respirations. Les autres viendront avec la pratique ! J’en parle aussi ici dans la formation « Le secret des 7 souffles« .
Maksoum : une seule frappe de plus
Venons-en au véritable Maksoum. celui-ci s’écrit comme ça :
Vous entendez ? Juste une frappe de plus, un « ka » qui se glisse au milieu, et tout le balancement change. C’est fou ce qu’un seul son peut transformer la sensation d’un rythme !
Aussi, avec le « WA », ma version du Maksoum devient :
Si les WA vous embêtent un peu, pensez simplement TOH-respi, TOH-respi, TI. L’essentiel est de bien placer vos respirations, car ce sont elles qui tiennent la structure.
Ensuite, on peut l’orner. Je remplace par exemple le TO par un TO-HO, et me voilà dans le wobble (voir le cours gratuit sur les wobbles) :
Ou bien je glisse un KOUF à la place du deuxième TOH : ce son claque comme une caisse claire et donne immédiatement du relief au rythme. Je l’explique dans cet article sur le KOUF.
Au didgeridoo, jouez des respirations et votre rythme avancera
En cherchant une variation à partir d’Ayoub, j’ai d’abord essayé d’ajouter un petit TE. Ce n’était pas très beau… Alors j’ai mis un TON, avec une bonne respiration rebond, et tout s’est mis à tourner. C’est une leçon qui fonctionne à chaque fois :
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« Au didgeridoo, quand vous mettez des respirations dans un rythme, il avance naturellement, il se met en mouvement. »
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Un rythme qui piétine manque souvent d’air, alors avant d’ajouter des sons, ajoutez une respiration. Succès garanti !
Et un petit bonus : la structure 3 + 1, comment sonner musical sans effort
Voici maintenant la petite magie. Jouez trois fois votre thème, puis une fois une variation, et recommencez. Par exemple : Trois fois Maksoum + une fois Ayoub.
Votre rythme va prendre aussitôt une forme musicale. Bref, ça va sonner sans rien faire d’autres.
Cette structure fonctionne presque à tous les coups, et elle accepte des variations très simples : parfois, garder seulement le début du motif suffit à créer un break. J’en parle plus longuement dans ma vidéo sur la structure des improvisations. Et si vous ajoutez un shaker ou des claves pour vous accompagner, vous verrez à quel point la musicalité grandit encore (ma vidéo sur les percussions).
À vous de jouer
Commencez lentement, autour de 80 battements par minute, avec Ayoub et la respiration qui vous vient le plus facilement. Soignez la qualité du son avant la vitesse. Puis ajoutez la frappe du Maksoum, puis la structure 3 + 1, et montez doucement vers 90 ou 100.
Quant aux différentes respirations, rebond, WA, WI et les autres, c’est tout le cœur de la formation Le secret des 7 souffles.
Et si vous connaissez bien les rythmes de derbouka, n’hésitez pas à me corriger en commentaire : Steph a montré que c’était une excellente idée ! 😀
Bon souffle à vous !







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