Le didgeridoo est un instrument à vent originaire des Aborigènes d’Australie. Il est considéré comme l’un des instruments à vent les plus vieux du monde encore joués à l’heure actuelle.
C’est un instrument peu connu, et souvent, quand il est connu, il est mal connu. « Heu… pardon ? Le quoi ?! » Bien souvent, en tant que joueur de didgeridoo, je me retrouve face à ce genre de réactions. Alors voici quelques réponses.
Un tube, ni plus ni moins
Le didgeridoo, c’est un tube : un tube en bois, en plastique, en métal, peu importe. C’est la résonance ; en fait, c’est l’amplificateur de ce qui se passe dans notre corps. Donc n’importe quel tube fonctionne.
Au départ, le didgeridoo est un tronc d’eucalyptus naturellement creusé par les termites. D’une dimension comprise entre 1,20 m et 1,80 m en moyenne, n’importe quel tube fera l’affaire : du tuyau PVC au tuyau d’aspirateur (préférez un aspirateur neuf !), en passant par des rouleaux de papier toilette assemblés.
Bien sûr, tous ces « instruments » sonneront plus ou moins bien. Ce n’est pas un hasard si certaines personnes se sont spécialisées dans la fabrication de didgeridoos : créer un bon instrument demande un vrai savoir-faire. Pour les fabricants de didgeridoos en eucalyptus, tout le travail est de choisir les bons troncs pour en tirer le meilleur instrument possible, avec le minimum de modifications. On laisse donc la nature façonner l’instrument, et le travail du joueur est d’en faire de la musique.

Une seule note
Le didgeridoo, par définition, a une seule note. Écoutez la différence dans la vidéo : ce didgeridoo-là est en mi, celui-ci en do, et le dernier en fa.
Le do fait à peu près 1,60 m. Le fa fait 1 m : on est à la limite du didgeridoo agréable à écouter, 1 m, ça passe encore.
Vous entendez clairement la différence entre les notes, et ça donne un caractère à l’instrument. Évidemment, la forme du didgeridoo change aussi, et donne vraiment son caractère à l’instrument.
Le violon, le piano, la guitare, tous les autres instruments vont chercher d’autres notes pour faire d’autres mélodies. Au didgeridoo, on prend juste l’instrument, on décortique une seule note et on en tire les harmoniques naturelles : on essaye de jouer avec tous les sons que contient cette même note. C’est ce qui le rend très proche de la guimbarde et du chant diphonique.
Le corps est l’instrument
Le didgeridoo n’a pas de piston, pas de cordes, pas de trous, pas d’anches. Le didgeridoo est l’amplificateur, le corps est l’instrument. Le joueur fait vibrer ses lèvres dans le didgeridoo pour le faire résonner.
Pour jouer avec tous les sons de cette note, on utilise :
- la langue ;
- les joues ;
- la gorge ;
- la voix ;
- les lèvres et leur pression : soit on relâche, soit on pince plus, soit on percute même un peu les lèvres.
Ensuite, on utilise tout ça pour créer de la rythmique.
Apprendre l’indépendance
Le didgeridoo, c’est apprendre l’indépendance entre ces différentes parties de notre corps. Bien sûr, on n’en a pas du tout l’habitude.
Depuis tout petit, on apprend à parler, et on apprend à utiliser tout ça en même temps. On apprend à bouger la mâchoire en la synchronisant avec les lèvres, avec la voix, avec la langue qui fait aussi tout son travail, et puis le diaphragme, qui envoie suffisamment d’air pour pouvoir s’exprimer.
Au didgeridoo, il va falloir apprendre à dissocier tout ça, comme le batteur apprend à dissocier ses deux mains et ses deux jambes sur les différents toms de sa batterie. Plus le joueur de didgeridoo acquiert d’indépendance entre ces différentes parties, plus il est à même de jouer différentes techniques et différents rythmes, sans être tributaire d’une habitude de jeu.
Un des plus vieux instruments du monde
On ne connaît pas l’âge du didgeridoo avec précision : certains annoncent 40 000 ans avant J.-C., d’autres 2 000 ans. Pour les Aborigènes d’Australie, il est là depuis la nuit des temps. Au-delà de ces chiffres, le didgeridoo est unanimement reconnu comme l’un des plus vieux instruments à vent au monde encore joués de nos jours.
Malgré le traumatisme d’une violente colonisation lancée au début du XIXe siècle, les Aborigènes ont su préserver et transmettre cette connaissance. C’est grâce à eux que l’on peut aujourd’hui encore écouter et jouer du didgeridoo.
Un instrument extraordinaire
De par son histoire, sa fabrication et sa technique, le didgeridoo est un instrument fascinant. C’est ce qui m’a attiré chez lui lorsque j’ai commencé à jouer : je cherchais un instrument qui change de l’ordinaire, et je n’ai pas été déçu !
Pour essayer vous-même, commencez par mon guide pas à pas pour débuter au didgeridoo.





Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.