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« Le vent dans le dos » : comment j’écris un rythme de didgeridoo, boucle par boucle

Il y a une dizaine d’années, je publiais sur YouTube un morceau qui s’appelait Le vent dans le dos (tiré de mon album « Renaissance »). Un de ces morceaux qu’on joue sans trop y penser, porté par le groove, et dont on n’a jamais vraiment réfléchi à comment il s’écrit. JE suis sûr que vous connaissez ! Alors des années plus tard, je me suis prêté à un exercice que je vous propose aussi : tenter d’écrire le thème de ce morceau.

Je vous propose donc un petit jeu : prenez une feuille et un stylo, écoutez les premières secondes, et tentez de noter ce que vous entendez. Vous allez voir… ça n’est pas si évident !

Et pour cause, les sons, les techniques, la structure rythmique, tout se mélange. Et surtout, nous n’avons pas vraiment de langage commun pour écrire le didgeridoo. Chacun•e bricole le sien, dans son coin, avec sa compréhension du didgeridoo.

Pourquoi c’est si difficile d’écrire ce que l’on joue

Au didgeridoo, un rythme n’est pas une suite de notes. C’est une suite de sons, de petites attaques langue, de voyelles… et de respirations. Le souffle continu ne s’arrête jamais, il porte tout le reste, si bien qu’on a l’impression d’un fleuve où rien ne se distingue vraiment. Pour noter un rythme, il faut donc déjà apprendre à reconnaitre chaque technique jouée, à les nommer et à les organiser…

C’est ce que je vous propose de faire dans cette vidéo. Je vous montre une grille de lecture très simple, en trois étapes, que vous pourrez appliquer à mon morceau, au vôtre, ou à celui d’un joueur ou d’une joueuse que vous aimez !

Première étape : trouver la boucle

Un morceau de didgeridoo (ou de musique), c’est presque toujours quelques boucles qui tournent, qui reviennent, qui se répondent. Ici, on a va tâcher d’en décortiquer trois de mon morceau « Le vent dans le dos« . Avant d’écrire quoi que ce soit, commencez donc à isoler une boucle (donc un rythme) : écouter, réécouter, et repérer le moment exact où le motif repart du début.

Et puis ralentissez ! Souvent le tempo d’origine est trop rapide pour décrypter le rythme. Ici mon morceau tourne autour de 110 battements par minute (BPM). À cette vitesse, impossible de tout entendre. Je descends à 75 pour la vidéo, et vous pouvez descendre encore plus bas. YouTube permet d’ailleurs de ralentir n’importe quelle vidéo, c’est un outil précieux pour ce genre d’exercice.

Deuxième étape : nommer chaque son… et chaque respiration

Une fois la boucle isolée, on l’écrit, son après son. Pour les trois boucles du morceau, cela donne quelque chose comme :

1
ti
2
te
te
3
te
4
toh
waon
ke
1
ti
→
TOH
→
2
WON
→
→
→
3
te
te
4
→
toh
waon
ke
1
ti
→
TOH
→
ke
TOH
ke
TOH
ke
to
ko

Les syllabes en majuscules, dans mon langage que j’ai nommé « Wakatoo« , ce sont les sons joués avec les joues gonflées.

Rassurez-vous, l’orthographe exacte a finalement peu d’importance ! Que vous écriviez « e toko » ou « ke toko », peu importe. Ce qui compte, c’est la rythmique : où tombent les sons forts, et où se placent les respirations. Car ce sont elles, les respirations, qui donnent sa forme au rythme. Dans mes cartes, les sons de respiration ont leur propre couleur : je les écrit en vert. Et je vous conseille de les noter en premier : une fois qu’on sait où l’on respire, le reste vient presque tout seul.

Troisième étape : jouer avec la boucle

Écrire, c’est bien. Mais un rythme se comprend vraiment quand on le joue ! Lentement d’abord, en soignant la qualité du son, puis en accélérant petit à petit.

Vous allez vite vous rendre compte que ce sont les respirations qui conditionnent tout (j’en parle dans ma formation Le secret des 7 souffles). En effet, si vous arrivez à inspirez au même endroit que le joueur ou la joueuse dont vous reproduisez le rythme alors vous vous rapprocherez grandement du bon rythme !

Aussi, pour revenir au morceau « Le vent dans le dos« , quand j’accélère, mes TOH deviennent des TOHO. Sans même y penser, je glisse dans le wobble : des sons qui s’enchaînent très vite, portés par des respirations rapides. Si cette technique vous intrigue, j’explique les deux grands wobbles dans le cours gratuit sur les wobbles. Tout est une question de respiration rapide.

Vers un index mondial des rythmes

Pour noter mes rythmes, j’utilise Wakatoo, l’application que je développe depuis un moment pour fédérer les joueurs et joueuses de didgeridoo du monde entier.

Par exemple, vous pourrez y chercher une vidéo YouTube, la mettre en boucle, puis écrire la rythmique dans un séquenceur, carte après carte. Ici, dans mon exemple, le résultat sonne un peu robotique, c’est vrai, mais il donne une idée très juste de ce qui se joue.

Au moment où j’enregistrais cette vidéo, une quinzaine de membres de Wakademy testaient Wakatoo, avec tous les petits bugs que cela suppose. Il reste encore du chemin avant la sortie de l’app, mais je travaille activement dessus !

Et l’idée qui me porte va bien au-delà d’un outil : être des milliers, à travers le monde, à écrire nos versions des morceaux que nous aimons, à les comparer, à nous dire « je crois qu’il joue plutôt ça ». Et qu’à force, nous construisions ensemble un véritable index mondial des rythmes au didgeridoo !

Si vous voulez être prévenu de la sortie de Wakatoo, la liste d’attente est ici : wakatoo.com.

Et vous, avez-vous déjà tenté d’écrire un rythme ?

Choisissez un morceau que vous aimez, un seul. Isolez sa boucle principale, ralentissez-la, et notez d’abord les respirations, puis les sons. Ne cherchez pas la perfection : cherchez la forme. Vous serez surpris•e de tout ce que vous entendrez, une fois que vous aurez appris à écouter et à écrire de cette façon.

Et si vous voulez aller plus loin dans la compréhension du rythme, c’est tout le propos de la formation Au cœur du rythme. Vous pouvez aussi commencer par le cours gratuit sur les wobbles pour vous lancer sur la voie de la vitesse !

Bon souffle à vous !

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