C’est une question qui revient sans cesse : « Comment ne plus tourner en rond ? Comment arrêter de rejouer toujours les mêmes rythmes ? Où trouver de nouvelles idées ? » Récemment, un élève de Wakademy me l’a encore posée. Et comme vous êtes nombreux et nombreuses à vous la poser, j’ai eu envie de partager ici les trois pistes que je lui ai proposées.
Les deux premières font appel à l’analyse. La troisième, au contraire, est une voie beaucoup plus intuitive. Et vous allez voir qu’elles se complètent merveilleusement bien.
Piste 1 : écoutez du didgeridoo… et essayez de le reproduire
Cela paraît tout bête, et pourtant… Écouter du didgeridoo, c’est d’abord une formidable source de motivation. Et c’est surtout le meilleur moyen de forger votre oreille.
Prenez un morceau que vous adorez. Écoutez-le encore, et encore, et encore. Puis essayez de le reproduire. Je vous préviens tout de suite : au début, ça ne ressemblera pas ! Vous aurez peut-être l’impression de jouer exactement la même chose, et puis en le faisant écouter à quelqu’un, il ne reconnaîtra pas du tout le morceau. Ce n’est vraiment pas grave.
Ce qui compte, ce sont toutes les questions que cet exercice va faire naître. Quel souffle continu joue cette personne ? Les joues sont-elles gonflées ou dégonflées ? Est-ce vraiment rapide ? Car parfois, on a l’impression d’une grande vitesse, alors qu’il s’agit simplement de sons très rapprochés posés sur une pulsation plutôt lente (des doubles croches si vous connaissez le solfège). À force de vous poser ces questions, vous allez commencer à comprendre ce qui se passe dans le jeu des autres… et dans le vôtre.
Pour vous mettre le pied à l’étrier, j’ai commencé à publier des analyses de morceaux sur ma chaîne YouTube, comme celle du style si particulier de Denra Dürr, ou encore l’analyse de mon morceau « Le vent dans le dos« . Regardez comment je procède, puis essayez de faire la même chose de votre côté.
Et je vais vous faire une confidence : les périodes où j’écoute beaucoup de didgeridoo sont presque toujours celles où je joue le plus. Je réécoute des morceaux découverts il y a dix ou quinze ans, et j’y entends des subtilités que je croyais connaître par cœur. J’avais un peu d’arrogance, sans doute ! Il me restait encore tant de choses à décrypter dans le jeu de ces joueurs et joueuses… Quelle belle leçon d’humilité.
Piste 2 : picorez dans les vidéos de rythmes, avec un œil critique
Deuxième piste : aller chercher des rythmes dans les vidéos où des joueurs et des joueuses les expliquent. Sur ma chaîne, j’en ai partagé un bon nombre, avec leur explication (elles sont dans cette playlist). Mais je ne suis pas le seul, loin de là ! Surtout dans le monde anglophone.
Cependant, je ne veux pas être mauvaise langue, mais tout n’y est pas toujours limpide. Il arrive souvent qu’un joueur ne chante pas exactement ce qu’il joue dans son didgeridoo. Ou qu’il annonce respirer d’une manière alors qu’il respire d’une autre. Ou qu’il parle de joues gonflées… alors qu’elles ne le sont pas. Bref, ça peut vite devenir un joyeux bazar !
Et c’est justement ce qui rend l’exercice passionnant. En essayant de reproduire, vous allez vous dire : « Attends, là, est-ce qu’il/elle gonfle les joues ? Non… Alors il ou elle respire où, exactement ? » Plus vous vous poserez ce genre de questions, plus vous développerez votre sens critique, envers les autres comme envers vous-même. Et franchement, la meilleure façon de progresser, c’est de se questionner. En tant que pédagogue, j’apporte quelques réponses… mais au fond, je devrais surtout apporter des questions !
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« Le doute est le commencement de la sagesse. »
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Piste 3 : laissez les sons fleurir
La troisième piste est d’une tout autre nature. Elle ne passe pas par le mental ni par l’analyse, mais par l’intuition. Dans mon propre jeu, cette part intuitive s’est développée bien avant toute l’analyse que je partage aujourd’hui dans mes vidéos. Et je crois sincèrement que c’est en mêlant les deux que l’on avance le mieux.
Le principe est simple : inspirez, inspirez, inspirez. Avec un son bien stable, laissez-vous aller, accélérez un peu, et laissez les sons venir d’eux-mêmes. Ils vont fleurir, souvent au moment du souffle continu, à cet endroit où l’on n’est pas vraiment conscient de ce qui se passe. C’est votre didgeridoo qui vous chuchote une voie à suivre. Un chuchotement seulement… alors il faut tendre l’oreille.
Ce qui vous manquera peut-être, ce n’est pas la technique. C’est l’écoute. En stage, il m’arrive souvent de dire à un élève : « Tu entends ce son, là ? » « Non… » « Rejoue. Ce son-là ! » « Ah oui ! » « Essaie de l’amplifier. » Et petit à petit, on découvre que ce son vient plutôt des joues, de la langue… Ou d’ailleurs.
Car oui !
Chaque son est relié à une partie de votre corps, souvenez-vous bien de cela : c’est votre corps, l’instrument. Le didgeridoo n’en est que l’amplificateur.
Au début, une seule voie va s’ouvrir à vous, celle que vous emprunterez presque toujours. Puis une deuxième, une troisième, une quatrième… Et avec le temps, vous dessinerez une cartographie qui n’appartiendra qu’à vous. Votre univers. Si cette voie vous parle, je l’ai détaillée pas à pas dans Lâcher prise au didgeridoo : la méthode en 3 étapes.
Pour conclure
Tourner en rond n’a rien d’une fatalité. C’est souvent le signe que vous êtes prêt·e à franchir une nouvelle étape. Écoutez, reproduisez, questionnez… puis laissez-vous porter et écoutez ce que votre instrument a à vous dire. L’analyse et l’intuition, main dans la main.
Pour installer tout ça dans votre pratique de tous les jours, je vous propose une routine d’entraînement en 4 temps. Et si vous voulez des bases solides pour construire vos propres rythmes, mon cours gratuit sur les bases du rythme est fait pour ça.
Et si vous sentez que vos habitudes respiratoires vous enferment toujours dans les mêmes rythmes, c’est exactement ce que nous explorons dans Le secret des 7 souffles : découvrir les sept souffles continus pour briser le carcan des habitudes et ouvrir de nouveaux chemins rythmiques.
Et vous, quel est le morceau que vous rêvez de reproduire ? Dites-le-moi en commentaire. Bon souffle à vous !









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