Le 23, 24 et 25 juillet 2016, le festival du rêve de l’Aborigène aura lieu comme chaque année à Airvault dans les Deux-Sèvres. Alors je me suis dis que c’était l’occasion de partager avec vous quelques-un de mes souvenirs les plus marquants. Cette année, le festival est à sa 15ième édition et affiche déjà complet avant même d’avoir ouvert ses portes ! Oui Airvault est devenu un de ces festivals que l’on ne manque pas. Toutefois, il aura fallu attendre plusieurs années avant que la célébrité l’emporte sur l’anonymat.

Au fil des éditions les organisateurs et (nombreux !) bénévoles se sont succédés pour faire vivre ce festival qui, on doit bien l’admettre, est hors du temps. Aujourd’hui, c’est aussi pour eux que j’écris cet article. Tous ces passionnés sans qui le didgeridoo français n’aurait pas été aussi prolifique ces 15 dernières années…

Avant toute chose

Le rêve de l’Aborigène présenté à ceux qui le découvrent

Une vidéo tournée en 2015 par France 3, venu filmer le festival.

2002 – Le premier festival : Quelques centaines de joueurs dans une grande prairie

affiche de 2002 du rêve de l'aborigèneLa première édition du festival a eu lieu en juillet 2002. À cette époque, internet était balbutiant. C’est par le bouche oreille que son existence est venu résonner dans les murs de la Passerelle, lieu de rencontre de l’association dijonnaise de didgeridoo.
Imaginez l’aubaine : vous connaissez le didgeridoo depuis six mois et on vous annonce qu’un festival autour de votre instrument fétiche est en train de se monter !
Inutile de vous dire que la décision d’y aller a été très rapidement prise !
Je ne sais pas combien nous avons été à cette première édition. Cependant, je ne prendrais pas de risques en annonçant quelques centaines. Et parmi la foule, quasiment que des joueurs de didgeridoos. Autant dire qu’à cette période, on entendait le biniou chanter dans toutes les directions et à toutes les heures !

C’était le premier grand rassemblement français autour du trio harmonique : didgeridoo, guimbarde et chant diphonique. Sur scène, 70% de la programmation était du didgeridoo, les 30% restant étaient divisés entre guimbarde et chant diphonique.

Malheureusement les vidéos n’étaient pas si répandues à l’époque. On peut tout de même glaner quelques photos sur le web.

Cette première édition a été marquante sur bien des points. Tout d’abord, Denra Dürr qui nous a joué son album Lezard Mystery dans la salle des fêtes : incroyable de clarté. Suivit par Mathias Muller (joueur suisse) qui a joué un morceau nommé la tornade. En entendant ce nom de morceau, je m’étais demandé comment il pouvait reproduire une tornade avec un didgeridoo. Je trouvais cela presque prétentieux.

Puis il a joué et j’ai compris.

Avec mes quelques mois de jeu d’expérience, j’ai été littéralement scotché par sa prestation ! Je me rappelle encore des sons qui fusaient de chaque côté de ma tête. Mathias, si tu me lis, bravo ! Je comprend mieux, en me rappelant ce souvenirs, ce que le didgeridoo peut provoquer comme sensations aux néophytes.

Le festival avait aussi accueilli le son massif de Mark Atkins… Quand vous découvrez tout ça d’un coup, vous êtes catapulté dans un autre monde !! Le premier festival marquera le départ d’une grande aventure. C’est grâce à lui que la France est aujourd’hui l’un des pays les plus actifs au monde dans le didgeridoo.

Mark Atkins en 2004 à Airvault

2003 – De l’orage à la salle des fêtes

affiche du reve de l'aborigène de 2003Il y a parfois des années qui marquent plus que d’autres. Et 2003 est certainement la grande année de l’histoire du Rêve de l’aborigène. On ne sait pas pourquoi mais quelque chose s’y est passé. C’est invisible, impalpable, et pourtant, tout le monde le sent.

Ce qui a donné ce goût inoubliable est certainement cet énorme orage qui a tourné autour du site pendant plusieurs heures pour finir par s’abattre sur tous les festivaliers. C’était grandiose, les concerts avaient continué jusqu’au dernier moment.

Alan Dargin nous avait tous marqué cette année d’orage.

Nous avons tous courus dans la salle des fêtes nous réfugier. Autant vous prévenir, ceux qui avaient trop attendus étaient littéralement trempés. Alan Dargin, puis Ansgar Stein, avaient alors joué en acoustique au centre du publique installé en cercle. Le « mauvais » temps avait poussé le festival à l’improvisation pour le plus grand bonheur de tous…

2004 – Ma première scène libre !

Affiche du festival de didgeridoo de 2004Un autre souvenir, beaucoup plus personnel, est celui de mon passage sur la scène libre du festival. À ce moment-là, la scène libre était dans la salle des fêtes, le samedi et dimanche matin. Et après un peu plus de deux ans de didgeridoo, j’avais décidé d’y jouer : c’était le grand saut. Elle aura été ma première « vraie » scène. Pour l’anecdote, en rentrant du festival, j’étais tombé sur ce post de france-didgeridoo qui parlait de moi… C’est le genre de truc qui vous encourage à continuer même si je ne me doutais pas encore des pièges qui m’attendaient.

Je ne suis pas certains de mon souvenir mais je crois que c’est aussi cette année là où l’organisation avait décidé d’interdire l’alcool. Ce qui avait provoqué un tollé général ! Moi qui ne buvait pas, j’étais ravi. Et avec le temps, ce non-alcool, est devenue une des raisons du succès du festival. Bravo d’avoir osé affirmer cette différence !

Plus généralement, toutes ces premières années ont eu un point en commun : les appels aux dons. C’était toujours le même mécanisme : le présentateur du festival montait sur scène et passait un message : « Les amis, nous avons besoin de vous, si vous voulez nous aider à faire vivre le festival, nous avons mis en place une boite pour recevoir vos dons… »
Chaque année ça me fendait le coeur d’entendre que le festival risquait de ne pas être reconduit.

Mais finalement c’est en 2005, que les premiers festivaliers sont arrivés en masse après avoir pubé aux festival de Saint Chartier qui se terminait la semaine qui précédait le festival.

2005 – Les premiers mélanges didgeridoo et beatbox

Affiche de l'édition 2005À cette époque, je commençais à rechercher des sons « hors vibrations » pour marquer les rythmes avec autres choses que des survibrations. Inspiré par Mathias Muller et son album « Passion », j’avais déjà développé quelques sons.

Mais j’étais bien loin de savoir ce qui m’attendais.

Un après-midi, au détour d’un stand, j’entendis les premiers sons tirés du BeatBox : Kelu était en train de tester un didgeridoo. Un son, le PCHI, m’avait particulièrement impressionné. Je lui demandais donc s’il pouvait le rejouer et me l’expliquer. Il accepta de le rejouer mais me laissa chercher comment le produire.

J’ai toujours aimé les défis. Je cherchais donc jusqu’au soir où un beuf s’était improvisé dans une Yourte. J’avais quasiment trouvé le son juste quand Luc m’a finalement donné les derniers réglages pour affiner le son. C’était le tout début du mélange entre Beatbox et didgeridoo, un grand moment ! Merci Kelu !

Le Corroboree du Rêve de l’Aborigène 2005. Sylvestre Soleil (un des organisateurs ) tape le temps au milieu du cercle.

2007 – Ondrej Smeykal – Stephen Kent et une scène libre !

affiche du festival en 2007Cette année-là, Airvault fit jouer un joueur qui inventa un style bien à part : Ondrej Smeykal. Cette année-là, l’organisation avait fait un festival de 4 jours. Ondrej jouait le jeudi soir.

Tout simplement impressionnant de précison et de puissance !

Je me souviens, j’étais au premier rang face à la scène, je ne pouvais même pas applaudir tellement j’avais été impressionné par la prestation. Ondrej avait mis tout le monde d’accord.

Ondrej Smeykal sur scène, attention vidéo d’époque dans son jus !

Je me rappelle aussi de Stephen Kent qui avait fait chanter le public tout en jouant ses rythmes comme lui seul sait les faire sonner.

2007, c’est aussi le souvenir de la sortie de mon premier album. À cette époque, je jouais chaque année sur la scène libre, souvent accompagné de Zalem. On était un peu le duo de la scène libre. On s’est bien marré quand même. 🙂


Airvault 2007 par Bouly

Pour les nostalgiques, une petite vidéo compilation de cette édition 2007.
Le duo avec Zalem est sur la fin de la vidéo (merci Bouly !)

Conclusion : trop de souvenirs se bousculent…

Je pourrais continuer comme ça pendant des heures… Et je vous livre ici les souvenirs qui me viennent spontanément. Bien sûr, il n’y en aurait plein d’autres : Mark Atkins et ses solos dignes des road train, Steeve Kindwal et sa double flûte, Umkulu et Si qui nous on fait danser, les centaines de thaï (en face de la scène des cèdres à gauche, ce sont les meilleurs du festival !), la queue au camping pour avoir la chance de prendre une douche, les beufs qui se prolongeaient jusqu’à l’aube, les siestes dans l’herbe à écouter la musique, les belles rencontres…

Merci à tous ceux qui ont permis ça. Le didgeridoo vous doit beaucoup.

Je m’arrête là car je suis curieux de lire aussi vos souvenirs. Si vous deviez en choisir trois, ça serait lesquels ? Allez-y, partagez vos souvenirs !

Sources des photos : le rêve de l’Aborigène

photo de Gauthier Aubé en train de jouer du didgeridoo
À propos de l’auteur | Gauthier Aubé

Ami.e.s du didgeridoo bonjour ! Je m’appelle Gauthier Aubé et je suis le fondateur de Wakademy, l’école française du didgeridoo. Si vous vous demandez comment Wakademy peut vous aider à progresser au didgeridoo, je vous invite à visiter cette page.
D’ici là, longue vie au souffle ! 💫

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