Êtes-vous prêt à écouter votre didgeridoo ?

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Voilà une question dont la réponse est loin d’être évidente ! Combien de musiciens prennent le temps d’écouter leur instrument ? Nous sommes tous avec nos idées, notre volonté, notre désir de dire des choses. Mais avons-nous déjà pensé à écouter ce que le didgeridoo a à nous dire ? Dans cet article je partage avec vous ma réflexion sur le sujet. Elle est accompagnée d’un exercice qui vous permettra de vivre cette belle expérience.
Car rien ne remplace la pratique !

Écouter son didgeridoo : qu’est-ce que ça veut dire ?!

Cela peut paraître étrange de préciser qu’il faut écouter son didgeridoo ! En effet, une fois qu’il sonne il est assez évident que nous l’écoutons.

Mais il y a écoute et écoute.

Ici, il est question d’écouter son instrument en conscience. Le but étant de le laisser souffler ce qu’il a à nous dire. Oubliez donc ce que vous voulez faire ou les rythmes que vous avez envie de jouer.

Écouter son didgeridoo, c’est lui laisser la première place. C’est la grande différence entre imposer son rythme ou le laisser venir naturellement. Le second a beaucoup plus de chances d’être « vivant ». Il aura une aisance naturelle et viendra d’un monde plus enfoui que celui que l’on aurait joué sans se poser de questions.

Ainsi, laisser parler votre instrument et l’écouter en position d’ouverture est un vrai chemin d’humilité.
Cela demande de considérer que c’est lui, notre didgeridoo, qui sait quoi jouer. Et que nous n’avons rien à faire sinon que de le suivre. Cette façon de voir les choses change tout, ainsi vous n’avez rien à faire qu’à l’écouter.

Formidable non ?

L’autre avantage de cette approche est qu’elle ne demande aucune technique particulière. Vous venez de commencer à jouer ? Parfait vous êtes encore frais comme un gardon ! Vous jouez depuis 10 ans ? Re-parfait, voilà un exercice qui amènera de la fraicheur à votre jeu !

Vous n’avez qu’à suivre le courant.
Alors on commence quand ?

• • •

“C’est ramer contre le courant qui vous tient à la même place. ”

Jacques Chardonne

• • •

Ok c’est parti ! Mais concrètement, on fait comment pour écouter son didgeridoo !?

Et bien pour les plus téméraires, voilà un exercice tout simple pour commencer dès maintenant cette pratique ! Il est si simple que quasiment tout le monde est passé à côté !

Un exercice pour écouter votre didgeridoo

Prenez votre didgeridoo et jouez un rythme simple que vous avez l’habitude de jouer. N’importe lequel pourvu qu’il soit assez simple et que vous soyez totalement à l’aise.
Mettez-vous dans une posture confortable et tâchez de vous détendre physiquement et mentalement. Installez-vous dans un état d’esprit d’ouverture.
Ceci fait, jouez votre rythme en boucle avec un tempo dans lequel vous êtes à l’aise. Pas besoin d’aller ni trop vite ni trop doucement.
Faites au plus simple.

Et maintenant que vous jouez, écoutez. Simplement.

Écoutez chaque son, chaque respiration, chaque harmonique, chaque variation. Écoutez-les et laissez-vous immerger.
Jouez en boucle, encore et encore.

Un rythme en perpétuelle évolution

La musique est vivante. Et comme toute chose vivante, elle évolue, elle bouge, elle se transforme. Mais une fleur pousse en douceur, et il faut être patient pour l’observer éclore.

Pour votre rythme, c’est la même chose. Vous devez avoir la même attention que si vous observiez une fleur éclore. La même patience.

À moins que vous ne soyez une machine, votre rythme va bouger très légèrement. C’est ce mouvement que vous allez apprendre à déceler. À partir de ce stade, votre unique objectif, est d’affiner votre oreille, votre écoute.

Un rythme est vivant. La vie n’est-elle pas qu’une suite de rythmes ?
Si vous n’entendez rien, recommencez. Persévérez. La persévérance est le point commun de toutes grandes réalisations.

• • •

“Ce n’est pas la force, mais la persévérance, qui fait les grandes oeuvres.”

Samuel Johnson

• • •

Observez et testez

L’observation a permis à Bouddha de trouver l’éveil. Autant dire que c’est un outil utile !
Et il va vous permettre de comprendre un peu plus la relation entre sons et muscles. Ainsi, quand vous remarquerez un son qui se manifeste dans votre rythme essayez de voir par qui il est produit : vos joues ? Votre langue ? Vos lèvres ? Votre gorge ?

Observez le muscle et son mouvement.

Par ce procédé, vous vous permettrez alors de comprendre réellement ce qui se passe à l’intérieur de votre bouche lorsque vous jouez. Le didgeridoo est un instrument de l’intérieur. Seule la réelle connaissance, celle de l’expérience vous permettra d’éclairer ses plus obscurs mécanismes.

Vous commencerez alors à découvrir les liens étroits entre la mâchoire et la langue, entre les lèvres et vos joues. Et petit à petit, vous rentrerez plus en profondeur et aiguiserez vos perceptions.

En conclusion : Une multitude de son qui n’attendent que vous

Je crois que nous avons beaucoup de chance de jouer du didgeridoo. Il est aussi un véritable outil d’introspection. Par ailleurs, il est à ma connaissance, le seul instrument à contenir tous les sons latents dans son bourdon. La plupart des Traditions nous disent que tout est né du Chaos. Il en est de même pour votre rythme. Il naît de la rencontre entre vous et votre instrument, entre votre histoire et la sienne. Votre didgeridoo n’attend que vous et ensemble, vous avez des choses à dire.
Alors laissez-vous inspirer, il vous montre la voie.

Et si cet article vous as plu, commentez, partagez, enfin bref, vous connaissez le refrain. 🙂 Ca fait toujours plaisir. 😉

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À propos de l'auteur

Gauthier Aubé

Gauthier Aubé

Ami.e.s du didgeridoo bonjour ! Je m'appelle Gauthier Aubé et je suis le fondateur de Wakademy, l'école française du didgeridoo. Si vous vous demandez comment Wakademy peut vous aider à progresser au didgeridoo, je vous invite à visiter cette page. D'ici là, longue vie au souffle ! 💫

On continue la lecture ? 🤗

3 réponses

  1. Excellent ! Pour moi, dès que le son évoluait, je pensais que c’était un défaut, alors, je revenais toujours sur l’exercice que j’étais en train de travailler.

    Mais je me pose alors question, comment trouver la frontière entre le son qui « évolue » naturellement, et le son qui évolue parce que l’on ne maîtrise pas la technique ?

    Je ne sais pas si c’est clair, mais imagine que tu es en train de travailler les « Te » bout de langue, et que ça se transforme en « Te » palais, c’est + facile, et plus gratifiant. Si je n’avais pas eu l’explication (dans ta méthode), je ne m’en serais probablement pas rendu compte, et aurais opté pour la facilité qui aurais pu généré un défaut à long terme…
    Je ne sais pas si c’est vraiment plus clair, mais je te laisse te dépatouiller avec ça !
    Merci beaucoup !

    1. C’est une bonne question en effet, tellement bonne que tu as même donné la réponse en même temps. 😉
      Le fait que tu sois conscient que tes T se font sur le palais et pas sur les dents est la clé. Le reste on s’en fiche pas mal. Le gros piège au didgeridoo c’est de jouer une technique en pensant en faire une autre. Là oui, tu vas être bloqué. Tes sensations ne colleront pas à la réalité.
      Mais si tu es conscient que tu ne joues pas tout à fait l’exercice alors c’est tout bon.

      Pour revenir au T, si tu aimes mieux les faire sur le palais alors vas-y fonce. Et puis un jour tu entendras un joueur faire des attaques sur les dents bien percutantes et dynamiques. Ca te donnera l’envie de les bosser. Le temps sera venu pour cette technique.

      Reste libre de faire ce que ton corps t’indique. Si tu es à l’écoute tu évoluera toujours. Le corps est sans cesse en mouvement. Et le risque de vouloir suivre un exercice à la lettre est que l’on peut vite se solidifier. Il n’y a pas pire pour se couper de sa créativité.

      J’espère t’avoir répondu clairement !

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